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Publié le 11 Décembre 2018

Dans la revue INTERCOmunnalités (novembre 2018), François Deschamps et Robin Renucci s'expriment au nom de notre collectif.

Voir l'ensemble de la revue ICI

 

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Rédigé par Collectif pour l'éducation par l'art

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Publié le 3 Septembre 2018

JEAN-PIERRE SAEZ, directeur de l'Observatoire des politiques culturelles apporte dans le bulletin n°8 d' ARTCENA (1er JUIL. " 15 OCT. 2018) ses réflexions et encourage l'éducation artistique.


Il y a de nombreuses manières d’envisager la relation entre art et démocratie. Le sujet n’a cessé de remplir ouvrages et controverses avec l’avènement de la démocratie moderne. Bien des artistes ont entretenu des rapports complexes avec l’idée de démocratie, du fait de l’irréductibilité de l’art à tout jugement esthétique qui dépendrait de l’avis du peuple. Poète paradoxal de la modernité, Baudelaire n’est-il pas allé jusqu’à soutenir : « rien de plus ridicule que la démocratie du nombre ». Pourtant, c’est la démocratie qui dans l’histoire a su protéger, par essence, la liberté d’expression et de création. Les régimes totalitaires, dictatoriaux ou autoritaires du XXe et du XXIe siècle ont toujours pris les artistes pour cible, en raison de leur esprit critique, de leur anticonformisme, de leur faculté de dévoiler une part de vérité du monde dans leur œuvre... Ainsi, pour s’épanouir dans toute sa plénitude, pour s’exposer sans risque majeur, l’art a besoin de démocratie. Mais la démocratie a-t-elle besoin d’art ? L’art moderne ne s’est-il pas imposé comme l’expression d’une subjectivité affranchie de l’opinion publique ? Et les artistes, en général, n’ont que faire de plaire à la majorité et ne recherchent pas son consentement. Cependant, le degré de liberté d’une société ne se mesure-t-il pas à sa capacité d’accorder la plus grande licence à la création artistique ? Le développement libre des arts ne constitue-t-il pas l’un des signes les plus tangibles de l’effectivité de la démocratie (J. Zask, 2003) ? La démocratie implique par ailleurs l’existence d’un État de droit, apte à garantir la protection des intérêts moraux et matériels des œuvres dont on est l’auteur.

               Le rapport entre art et démocratie ne cesse d’évoluer au gré des transformations politiques, sociétales, économiques. Ainsi, la communication de masse, conditionnée par l’irruption de nouvelles technologies d’information, a profondément transformé cette relation. En un sens, les industries culturelles ont concouru à une plus large diffusion des arts ou de leur représentation, grâce aux procédés de reproduction technique des œuvres, ainsi que l’a mis en valeur Walter Benjamin dès les années 1930. Ces industries, tout en étant les maîtres d’œuvre d’une culture de masse nivelée, standardisée, ont tout de même dû engager des talents multiples, solliciter une certaine diversité artistique pour se régénérer et étendre leur empire (E. Morin, 1962). Nombreux sont les scénaristes, metteurs en scène, actrices et acteurs talentueux qui ont payé leur tribut à ce système. En facilitant l’accès à un plus grand nombre d’œuvres, les industries culturelles ont aussi participé à la démocratisation de la culture (A. Girard, 1978), tout en contribuant activement à l’affadir, la chosifier, la réduire à des produits marchands (G. Debord, 1967).

          Les politiques culturelles contemporaines se sont préoccupées d’emblée de la relation entre l’art et la démocratie. En France, l’objectif de démocratisation de la culture, au fondement du projet du ministère des affaires culturelles créé en 1959, était notamment de « favoriser l’accès du plus grand nombre à la culture », c’est-à-dire aux œuvres d’art, au patrimoine et à la création contemporaine. Toutefois, les politiques culturelles ont montré leurs limites du point de vue de la démocratisation de la culture dans la mesure où les publics de la culture, même s’ils augmentaient en nombre, ont peiné à se diversifier socialement. Cette situation a conduit à recourir à d’autres référents pour envisager la relation entre culture et démocratie. Plutôt que de partir d’une vision unitaire, légitime et descendante de la culture, des penseurs et des acteurs ont cherché à pluraliser le sens de la culture, à valoriser les pratiques artistiques et culturelles des habitants et plus généralement le principe de participation à la vie artistique et culturelle.

          À travers l’idée de participation, l’objectif est de faire appel à un langage et des actes qui prennent en compte publics et population et permettent de décrire de manière dynamique la pluralité des modalités relationnelles que chacun est susceptible d’entretenir avec les arts et la culture. La notion de droits culturels, déjà présente dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, réaffirmée et développée dans la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles adoptée en 2005, vise justement à assumer la possibilité pour chacun de vivre la culture selon ses choix, à les sécuriser, dès lors qu’il respecte les droits fondamentaux de l’être humain, et l’esprit de la démocratie.

          L’une des grandes affaires de la culture d’aujourd’hui consiste à faire de l’art davantage qu’un tableau à contempler - elle implique aussi cela - : une véritable expérience de vie (J. Dewey, 1934, R. Shusterman, 1992). L’idée d’associer les arts avec le principe de participation n’a cessé de faire son chemin dans la période contemporaine. Si le phénomène des arts participatifs n’est pas nouveau, son déploiement dans de multiples formes de création, accéléré par les effets de la culture numérique, témoigne tout particulièrement de l’époque actuelle et mérite en cela d’être interrogé. Dans ce registre de relation aux arts, les habitants peuvent être appelés à mobiliser leurs compétences et leur imaginaire. Les arts participatifs impliquent souvent la construction de démarches dans lesquelles l’œuvre se compose pas à pas (ou semble l’être ?), grâce à la conjugaison des sensibilités associées, et où le public, institué en tant que sujet, est amené à jouer des rôles variés : spectateur engagé, contributeur, acteur, co-auteur. On observe un succès grandissant des arts dits participatifs à travers le monde (V. Guillon, L. Arnaud, C. Martin, 2015). Le phénomène n’a pas manqué de bousculer pendant un temps les institutions classiques de l’art, plutôt prédisposées à établir un rapport traditionnel entre l’œuvre et le spectateur.

          Ainsi, nombreux sont les artistes d’aujourd’hui qui cherchent à impliquer davantage les publics, voire des habitants saisis sur le vif en quelque sorte, en tant que partenaires d’un parcours artistique. Cette dynamique s’est développée à partir des années 60 dans le théâtre, les arts visuels et les arts de la rue. Depuis cette époque, la palette des manières de susciter ou de faire vivre une expérience de l’art n’a cessé de s’élargir et concerne toutes les disciplines : la danse, les arts numériques, l’opéra, le cinéma, l’architecture et autres formes hybrides…
Ce que Nicolas Bourriaud a appelé « l’esthétique relationnelle » décrit un processus voisin dans le champ de l’art contemporain où l’art devient « un état de rencontre » (N. Bourriaud, 1998). Que révèle cette recherche du point de vue des dynamiques de création et des évolutions
sociétales ? Compte tenu de son caractère mondial, et de l’absence d’un manifeste commun aux artistes incarnant ce « mouvement », impossible de l’imputer à quelque injonction politique ou idéologique qui le déterminerait. Quelque chose d’autre paraît se jouer ici dans le renouvellement des manières de faire de l’art ou sous l’angle du rapport entre art, citoyenneté et démocratie. Cependant, les arts participatifs ne sont pas un tout artistiquement et conceptuellement homogène. Le genre soulève des questions d’évaluation éthique et esthétique (C. Bishop, 2012). Pour n’en citer qu’une, derrière la collaboration qui se noue entre l’artiste et le public dans les arts participatifs, comment assurer qu’une manipulation du second par le premier n’est pas à l’œuvre ? On objectera alors que, s’il y a duperie, il n’est pas exclu qu’elle soit librement consentie et que les différentes parties prenantes ont conscience de participer à un jeu, le jeu de la relation…

          Dans un ordre d’idées proche, le développement des pratiques artistiques en amateur ou l’usage croissant des supports numériques pour s’exprimer artistiquement sont d’autres tendances caractéristiques de notre époque. Elles traduisent le besoin d’expression de soi de l’individu contemporain, peut-être aussi le désir de libérer ses facultés créatrices dans la société ouverte (non sans illusions…) en même temps que la quête d’un partage avec l’autre. Une quête qui prolonge (ou réinvente ?) un mouvement ancien consistant à prendre part à des fabriques artistiques collectives telles que des chorales, des fanfares ou des chants populaires. Comment comprendre ce tiraillement de l’individu contemporain ? Il se pourrait bien qu’il faille chercher des explications dans les profondeurs des transformations du monde actuel. Les démocraties libérales poussent leurs membres à un comportement contradictoire dont les usages des réseaux sociaux témoignent singulièrement : l’individuation et la coopération. Ces sociétés ont également enfanté un système de représentation que Guy Debord a saisi à travers le concept de « société du spectacle ». Cette « société », où chacun pourra avoir son « quart d’heure de célébrité » selon la formule prêtée à Andy Warhol, génère, dans la dynamique d’un système dégradé de starification, des poussées narcissiques amplifiées par l’usage des réseaux « sociaux ». Placés dans ce moment civilisationnel conditionné par le capitalisme de l’ère numérique, les hommes et les femmes d’aujourd’hui balancent entre recherche d’expression de soi et besoin d’altérité, d’échange, de coopération. Voici peut-être une des réponses à la question de savoir comment exister, comment donner du sens à sa vie. Cette recherche peut évidemment prendre des formes très variées – l’univers des arts étant l’un des espaces où elle se manifeste. Elle témoigne d’un besoin d’investir des vacuoles de liberté dans un monde de trompe-l’oeil… En définitive, l’hypothèse qui sous-tend notre raisonnement est que l’expansion de la nébuleuse des arts participatifs ne serait pas sans lien avec une mutation anthropologique dont ne sont ici esquissés que quelques aspects.

          Il est une façon, relativement consensuelle, de concilier art et démocratie : par l’éducation artistique et culturelle. De quoi est-il alors question ? Non pas de faire de tout enfant un futur artiste ou un futur spectateur des scènes théâtrales et autres, mais de stimuler son imaginaire, ses capacités créatives, de favoriser la formation de sa sensibilité, sa construction personnelle, son esprit critique, par une pratique artistique, une familiarité avec les œuvres d’art, une fréquentation de ces figures singulières que sont les artistes, ces êtres qui ont la curieuse faculté de sublimer leur subjectivité en inventant des formes esthétiques admettant une part d’irrationnel. Si l’éducation artistique et culturelle devient un droit culturel effectif pour chaque enfant, et demain chaque personne (J.-P. Saez, W. Schneider, M.-C. Bordeaux, C. Hartmann-Fritsch, 2014), cela signifierait que tous les enfants, quel que soit leur milieu social d’origine, bénéficieraient d’une immersion régulière dans l’univers des arts. Cette perspective de « partage du sensible » (J. Rancière, 2000) laisse entrevoir un autre point de rencontre, riche de sens, entre art et démocratie. Cependant, même si ces deux notions ont beaucoup à se dire, la légitimité d’une œuvre d’art transcendera toujours les critères de la majorité, aussi démocratique soit-elle.


Jean-Pierre Saez
(ce texte est publié ici avec l'autorisation de l'auteur)

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Rédigé par Collectif pour l'éducation par l'art

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Publié le 20 Août 2018

L'Appel du 18 août : l’éducation artistique est un vecteur d’émancipation

Avec l'appel du 18 août, lancé en Corse, le collectif pour l’éducation par l’art, dont Robin Renucci, la Maison des écrivains et de la littérature et le réseau Tras appellent à une mobilisation collective en faveur de l’éducation culturelle, dès l'enfance et tout au long de la vie.

La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a appelé toutes les forces vives de notre pays à se mobiliser pour réaffirmer la place des arts et de la culture dans notre société. Le président de la République a, par ailleurs, souhaité construire une politique de l’émancipation et de la dignité. La formation d’individus capables de s’émanciper et de s’affranchir des destins auxquels leur milieu social ou/et géographique les assigne est au cœur de l’ambition démocratique, là où le projet libéral a pour conséquence d’asservir ces mêmes individus aux lois du marché dont le moteur est la pulsion consommatrice.

Démocratie

Pour déjouer l’emprise de ce processus de désymbolisation, la nécessité de l’émancipation individuelle et collective doit être réaffirmée avec une urgence absolue en l’inscrivant au cœur des politiques publiques. L’urgence est d’autant plus forte que de nouveaux enjeux sont apparus : ils sont écologiques et exigent de nouveaux comportements ; ils concernent les libertés fondamentales, notamment la liberté de penser et d’agir ; ils sont les conséquences culturelles et politiques liées à l’accélération de l’évolution des technologies (intelligence artificielle…) ; ils sont ceux du partage des richesses (les biens communs, les data…) ; ils appellent à redéfinir les formes du service public et les pratiques de la démocratie.

L’éducation artistique et culturelle constitue le vecteur majeur de la mise en œuvre de cet objectif d’émancipation. Elle propose à chacune et à chacun, dès l’enfance et tout au long de la vie, d’avoir accès à des expériences esthétiques et de s’engager dans des pratiques artistiques. Elle se nourrit de la rencontre avec les œuvres et les artistes. Elle induit une dimension interprétative. Elle ouvre aux différents champs de la création comme du patrimoine et de la culture scientifique et technique. Elle joue un rôle décisif dans la capacité de symboliser, dans le processus d’individuation, dans l’ouverture à la diversité culturelle, dans le développement de l’esprit critique et du discernement et dans l’apprentissage de la citoyenneté. Elle est un ferment de démocratie.

Désorientation et sidération

L’éducation artistique et culturelle ainsi définie, implique la mise en place d’un plan de développement conduisant à :
- appliquer intégralement la charte pour l’éducation artistique et culturelle adoptée le 8 juillet 2016,
- faire entrer dans la loi le droit à la formation culturelle, à la formation aux pratiques artistiques d’amateurs tout au long de la vie, avec les financements correspondants,
- inscrire dans tous les enseignements, y compris les matières scientifiques, une dimension culturelle,
- remettre l’éducation artistique et culturelle au cœur de la formation initiale et continue des enseignants et des chefs d’établissement,
- rendre obligatoire l’aménagement de lieux dédiés aux pratiques artistiques dans les établissements scolaires,
- mettre en œuvre des formations croisées disciplinaires, interdisciplinaires et intersectorielles, associant tous les acteurs de la chaîne de la transmission et de l’éducation sur l’ensemble du territoire,
- impulser un travail interministériel, en cohérence avec la transversalité de ces actions,
- renforcer la coopération entre les différents financeurs, l’Etat et les collectivités territoriales, pour construire une gouvernance partagée garantissant la pérennité des actions et l’équité entre les territoires.

Dès lors, nous appelons l’Etat à préparer avec nous, sans tarder, l’organisation de chantiers de création interdisciplinaire associant artistes professionnels et amateurs, enseignants, chercheurs, médiateurs, éducateurs, dans toutes les régions de France de métropole et d’outre-mer, chaque année dès l’été 2019. Parallèlement, nous appelons toutes celles et ceux engagés dans des projets d’éducation artistique et culturelle à rejoindre la coopérative pour l’éducation artistique et culturelle dont la construction débutera dès le mois de septembre.
La France foisonne de projets inventifs en matière d’arts et de culture depuis plusieurs décennies. Pour faire face à la désorientation et à la sidération auxquelles nous sommes confrontés, le temps est venu du rassemblement de toutes ces forces vives au service d’un nouveau projet collectif d’émancipation à la hauteur des enjeux civilisationnels qui sont les nôtres.

Des membres du collectif pour l’éducation par l’art, de la Maison des écrivains et de la littérature et du réseau Tras se sont réunis du 16 au 18 août 2018 à l’Aria en Corse et ont adopté l’appel ci-dessus.

Collectif pour l’éducation par l’art : Robin Renucci, Jean-Marc Lauret, François Deschamps, Jean-Claude Lallias, Jean-Gabriel Carasso, Philippe Meirieu, Emmanuel Wallon, Patrick Germain-Thomas, Marie-Laure Poveda.

Maison des écrivains et de la littérature : Claude Eveno, Sylvie Gouttebaron, Michel Simonot, Philippe Morier-Genoud, Jude Ismaël, David Christoffel, Bruno Bonhoure, Khaï-Dong Luong, Mathias Mégard.

Réseau Tras (transversale des réseaux arts et sciences) : Antoine Conjard, Lucie Conjard. www.educationparlart.com; www.reseau-tras.org ; http://m-e-l.fr/ www.ariacorse.net

Un collectif d'artistes

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Rédigé par Collectif pour l'éducation par l'art

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Publié le 27 Juin 2018

Rédigé par Collectif pour l'éducation par l'art

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Publié le 26 Mai 2018

Un séminaire sur "L'apprentissage du lexique par l'histoire des mots et les pratiques théâtrales en cycle3", organisé par le ministère de l'Education nationale, s'est tenu au lycée Louis le Grand à Paris, mardi 22 mai 2018. A cette occasion, notre ami Robin Renucci, directeur des Tréteaux de France, est intervenu. Voici le film de son intervention.

Si l'image n'apparait pas dans le lecteur ci-dessus, essayez ICI

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Rédigé par Collectif pour l'éducation par l'art

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Publié le 24 Novembre 2017

Pour savoir qui était Jack Ralite, qui vient de nous quitter, nous vous invitons à lire ce texte rédigé par Emmanuel Wallon, (membre de notre collectif) pour la revue Esprit. C'est ici

 

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Rédigé par Collectif pour l'éducation par l'art

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Publié le 12 Novembre 2017

Jack Ralite est mort ce 12 novembre 2017. Un personnage hors du commun, homme de culture impressionnant, avait été avec Gabriel Garran à la naissance du Théâtre de la commune d'Aubervillers, premier théâtre permanent en banlieue.

En février 2013, Théâtre Ouvert organisait une rencontre hommage à ces deux hommes.

Voici l'intervention complète de Jack Ralite.

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Rédigé par Collectif pour l'éducation par l'art

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Publié le 4 Novembre 2017

Rédigé par Collectif pour l'éducation par l'art

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Publié le 11 Août 2017

A l'Assemblée nationale, la Commission des affaires culturelles et de l'éducation a reçu en juillet, successivement, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et Françoise Nissen, ministre de la culture. Au cœur de l'été nous avons extrait , et croisé, quelques propos concernant l'éducation artistique et culturelle...

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Rédigé par Collectif pour l'éducation par l'art

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Publié le 19 Juillet 2017

Message de Robin Renucci au Haut Conseil pour l'éducation artistique et culturelle

Ce 20 juillet 2017 se tient à Paris la réunion du Haut Conseil pour l'Education Artistique et Culturelle (HCEAC) dont notre ami Robin Renucci est membre. Ne pouvant y participer, il a adressé aux Haut Conseil la lettre ci-dessous, qui reprend l'essentiel d'une pensée partagée avec les membres de notre Collectif. Il nous autorise à cette publication.

Au Haut-Conseil pour l’Education artistique et culturelle

Réunion du 20 juillet 2017

 

L’’éducation artistique arrive à la croisée des chemins. Jamais en quatre décennies d’expérimentations et de débats elle n’avait suscité autant de colloques passionnés, justifié autant d’ouvrages savants, motivé autant de textes juridiques qu’au cours des dernières années. Elle est entrée dans la loi de « refondation de l’école de la République » et dans la loi sur la liberté de création, le patrimoine et l’architecture, a inspiré des dispositions de la loi portant « nouvelle organisation territoriale de la République », a bénéficié d’une charte, d’une feuille de route interministérielle, de guides et de circulaires pour la définir et l’encadrer, mais surtout pour la développer.

 

En effet l’unanimité s’est faite sur sa nécessité, mais aussi sur le constat qu’elle ne touche encore qu’une petite minorité des élèves et étudiants du pays. De nouveau les campagnes électorales de 2017 ont résonné de vertueuses déclarations d’intention à son sujet. L’engagement a été pris par le président Macron, au premier rang de ses propositions sur la culture, de permettre à tous les enfants et adolescents d’en vivre l’expérience. Il semblerait que cette volonté n’attende plus pour se concrétiser que des moyens budgétaires à la mesure de l’enjeu et des méthodes de coopération adéquates entre les collectivités publiques concernées. 

 

L’éducation artistique se voit pourtant contestée dans ses fondements – le partenariat entre artistes et enseignants (avec souvent le concours de médiateurs) autour d’un projet de réalisation pratique qui favorise la rencontre avec les œuvres et mobilise des connaissances de diverses disciplines – par des conceptions qui en contestent la portée pédagogique, en minimisent la dimension pratique, ou bien en méconnaissent la dimension symbolique.

 

D’abord, de nombreux tenants des fondamentaux la dédaignent car ils omettent que la faculté de dire, de ressentir, de se situer par rapport aux autres et vis-à-vis du monde fait partie du socle de connaissances, de compétences et d’aptitudes sur lequel un jeune doit s’appuyer pour s’orienter, au même titre que lire, écrire et compter. D’autre part, au nom de l’indispensable transmission des savoirs, les défenseurs de l’histoire des arts sous-estiment l’importance des ateliers au cours desquels les élèves éprouvent de manière sensible les langages de ces arts en commençant par s’y initier. Enfin, certains promoteurs de l’improvisation (dont personne ne conteste le rôle qu’elle joue dans le processus créatif), qui érigent en modèles les vedettes de la stand up comedy et d’autres formes de divertissement médiatisé, semblent se satisfaire d’une expression des élèves qui ferait l’économie de la distance critique et de l’effort de symbolisation. 

 

Une éducation artistique et culturelle répondant aux criants besoins de la jeunesse en ce domaine ne saurait se passer des atouts dont ces décennies de patiente élaboration l’ont dotée en France : la centralité d’un projet conçu, conduit, évalué en bonne intelligence entre enseignants, artistes et le cas échéant médiateurs, dont la dynamique implique les élèves et entraîne l’ensemble d’une communauté pédagogique, parents compris. Des études de plus en plus nombreuses attestent les effets positifs de telles expériences du point de vue des individus comme de la classe tout entière, notamment en ce qui concerne la motivation et la concentration des élèves, qu’il s’agisse de musique, d’arts plastiques, de cinéma, de théâtre, de danse ou d’arts du cirque.

 

Encore faut-il réunir les conditions pour que ces expériences esthétiques se multiplient à toutes étapes d’un parcours d’éducation artistique et culturelle, de la maternelle à l’université. Cela requiert un réel élan budgétaire, auquel les ministères concernés doivent contribuer à proportion de leurs moyens. Cela nécessite un effort de formation, tant initiale que continue, des futurs enseignants dans les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPÉ) et des futurs artistes dans leurs filières professionnelles. Cela réclame un effort sans précédent de coordination de la ressource intellectuelle et de la documentation pédagogique, tant physique que numérique. Cela suppose des locaux adaptés aux différentes pratiques artistiques et, surtout, des temps réservés à celles-ci dans les programmes scolaires de chaque cycle.

 

Enfin, s’il n’est pas impudent à un artiste de le rappeler, cela impose aux pouvoirs publics de tous niveaux une coopération systématique et régulière, qui dépasse la rédaction d’un protocole d’accord ou la réalisation d’une opération de communication, afin qu’aucun établissement scolaire ne soit délaissé, ni en zone rurale ni en en zone périurbaine, et qu’à terme aucun élève ne soit privé de la chance d’accorder, à travers les arts, ses émotions et sa raison.

 

Je forme le vœu que le Haut-Conseil devienne la chambre aux échos de ces attentes et une source de propositions concrètes pour en hâter la satisfaction.

 

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Rédigé par Collectif pour l'éducation par l'art

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